Conférence « l’Europe vue d’ailleurs » par le fr. Maxime Allard

Conférence « l’Europe vue d’ailleurs » par le fr. Maxime Allard

Le 21 septembre 2017, Decere recevait au F.E.C le frère Maxime Allard, dominicain, professeur de philosophie, président du Collège universitaire dominicain d’Ottawa (Canada) pour la conférence inaugurale de l’année 2017-2018 sur le thème : « l’Europe, vue d’ailleurs ».

Retrouvez ici le compte-rendu de sa conférence :

 »It is time to stop pretending that Europeans and Americans share a common view of the world, or even that they occupy the same world. On the all-important question of power – the efficacy of power, the morality of power, the desirability of power – American and European perspectives are diverging.… ». Ce sont les propos de Robert Kagan dans un livre publié en 2003 et intitulé  »Of Paradise and Power. America and Europe in the New World Order ».

[…] L’Europe vue d’ailleurs ; plus précisément, vue du Québec et de l’Ontario, vue d’une situation frontalière un peu comme celle de Strasbourg au fil des siècles. Depuis que j’ai accepté d’intervenir devant vous, j’ai profité du fait que je suis président du Collège universitaire dominicain d’Ottawa – une université bilingue spécialisée dans l’offre de programmes de premier cycle et de cycles supérieurs en philosophie et en théologie – pour sonder étudiants et professeurs sur les représentations qu’ils ont de l’Europe. Qu’est-ce que c’est que l’Europe pour vous ? Qu’en connaissez-vous ? Qu’est-ce qui vous intéresse en Europe ?…. Ce sondage n’a évidemment aucune prétention scientifique, mais il est néanmoins représentatif puisqu’à l’université, nous avons des québecois, des francophones vivant en Ontario, des anglophones dont plus des deux tiers ne sont pas nés au pays. Le Canada est encore aujourd’hui un pays d’immigration.

La mythologie grecque n’est pas connue, l’enlèvement d’Europe par Zeus, personne ne connaît à l’exception de deux professeurs très âgés.[…] Au XVIe siècle, l’Europe c’est la  »Respublica Christiana » et le québécois moyen n’a aucune idée de ce qu’elle pouvait être ; il manifeste d’ailleurs peu d’intérêt pour en connaître davantage.

À la question : « combien y a-t-il de pays en Europe et lesquels ? », les réponses des étudiants sont largement inspirées des guides de voyages. L’Europe est avant tout une série de pays qu’on visite. En approfondissant un peu, il apparaît que selon les provenances, les âges, les centres d’intérêts philosophiques ou théologiques, la géographie européenne varie énormément. La plupart des théologiens connaissent la France et l’Allemagne mais l’Angleterre ne fait pas partie de l’Europe  »théologique ». Pour la théologie en anglais, on se tourne vers les États-Unis. Donc du point de vue géographique, l’Europe n’existe pas. Il y a des pays, mais il n’y a pas d’Europe.

La troisième strate de mon questionnement portait sur l’Europe politique et économique. Pour aider mes interlocuteurs, j’ai repris des journaux européens francophones où on qualifiait l’Europe de différentes façons – Europe sociale, solidaire, Europe démocratique, Europe libérale ou atlantiste, Europe des citoyens, des peuples, des nations, Europe des patrons, des puissants – afin de déceler quelques résonances parmi eux. L’Europe, c’est l’Union européenne, une union économique, une communauté politique. On connaît très bien Bruxelles, la Commission européenne et ce qui en sort mais Strasbourg est invisible. Le Parlement européen comme lieu où l’Europe continue de se forger, n’existe pas dans la mentalité des jeunes. L’étudiant moyen de 22-23 ans en fin de maîtrise en philosophie ou en théologie ne connaît pas. Cela pose questions ; qu’enseignons-nous sur l’Europe ? Quelle image l’Europe projette-t-elle d’elle-même au Québec et au Canada pour que, dans des milieux universitaires, on soit aussi ignorant de ce qui s’y passe ?

Voilà pour les impressions que révèlent mon sondage. Maintenant, je voudrais présenter trois figures de l’Europe plus ou moins construites sur la ligne du temps ou de l’histoire : l’Europe comme réservoir de population désirable, l’Europe comme espace de productions intellectuelles, artistiques, culturelles et enfin l’Europe politique et économique.

L’Europe comme réservoir de population désirable pour le Canada et le Québec.

Pour de nombreux canadiens, depuis le XVIIe siècle, l’Europe apparaît comme un lieu où il n’était plus possible de vivre. Au milieu du XIXe siècle, on ne pouvait plus vivre de l’agriculture en Allemagne, en Suède, … en Irlande où la grande famine provoquée par le mildiou de la pomme de terre provoqua une émigration massive vers l’Amérique. On a quitté le vieux monde décadent, en train de mourir, pour le nouveau monde. Au Canada, on parle de la Nouvelle France, du nouveau monde, mais sans les fantasmes américains puritains. Pour les migrants qui venaient d’Irlande, d’Allemagne, de Pologne, d’Ukraine ou d’ailleurs et qui se sont installés au Canada, il ne s’agissait pas de créer la  »Jérusalem céleste » – on laisse cela aux américains. Il s’agissait tout simplement de survie, la vie en Europe était devenue impossible. Je parle de personnes âgées qui sont arrivées enfants, qui ont travaillé dur en Alberta ou en Saskatchewan pour créer des fermes dans des lieux désertiques. Lorsqu’ils quittent le Canada aujourd’hui, c’est pour aller au Mexique en hiver, pas pour venir en Europe. L’Europe est un lieu d’où l’on sort, soit sur initiative individuelle, soit avec l’assistance des services de l’immigration. L’Europe est vue comme une figure négative. On ne veut pas y retourner.

Encore récemment et depuis une dizaine d’années, l’immigration française au Canada et surtout au Québec est très forte. Sur le Plateau à Montréal, un quartier qui se développe beaucoup, vous n’entendez presque plus parler  »joual » – langage forgé dans les années 1950-60 – mais vous entendez l’accent parisien, marseillais, lyonnais…. Ces jeunes français qui s’installent là n’ont pas l’intention de revenir ni en France, ni en Europe. Il y a toute une partie de la population – penser aux deux grandes vagues d’italiens qui sont venus dans la région de Montréal et Toronto après les deux guerres mondiales – pour qui les valeurs liées à la dignité, la liberté, la paix… ne sont pas associées à l’Europe ; c’est au Canada qu’ils les ont trouvées.

Étrangement, il a fallu la crise des réfugiés en Europe pour que nous découvrions que l’Europe était aussi une terre d’immigration. C’était complémentent absent de l’imaginaire québeco-ontarien. Si vous écoutez des groupes de touristes – souvent constitués de personnes en retraite – qui reviennent d’un périple en Europe – une douzaine pays en treize jours ou peut-être treize pays en douze jours – ils nous disent qu’il y a beaucoup d’africains et d’arabes dans certains pays. Mais que font-ils là ? Nouvelle image de l’Europe associée toute une série de clichés !

Un versant positif très récent à ce réservoir de populations désirables porte sur la mobilité de la jeunesse, l’offre éducative et l’offre économique dans les deux sens. Dans les années 1950-60, tout québecois qui voulait faire un doctorat, venait en France, en Angleterre, en Allemagne ou en Italie. On venait en Europe parce que l’Europe était le lieu du savoir. Aujourd’hui on voit de plus en plus se déployer des offres éducatives diversifiées dans les deux sens. De nombreux étudiants français, allemands, italiens, britanniques…. européens, viennent désormais étudier sur les campus nord-américains.

L’offre économique est aussi une nouveauté. Jusqu’aux années 1970, les investisseurs au Québec ou en Ontario étaient américains ou canadiens anglais en provenance de Toronto. Depuis les années 1990, des délégations québecoises ou canadiennes se sont installées dans différents pays d’Europe et il y a désormais des investissements européens au Québec.

L’Europe comme espace de productions artistiques, culturelles, intellectuelles.

L’Europe est un lieu vers lequel se tourner pour recevoir non plus des gens mais de l’histoire, pour retrouver ses racines. Presque 80% des québecois ont fait le pèlerinage qui consiste à revenir en Normandie, en Bretagne ou ailleurs, sur les terres d’où sont partis leurs ancêtres aux XVIIe, XVIIIe siècles. On va en Europe pour retrouver des racines, des lieux chargés d’une histoire multiséculaire avec un patrimoine artistique considérable.

L’Europe c’est aussi le lieu qui produit des artefacts exotiques, le luxe, les tissus, la gastronomie,… toutes ces choses qui sont absentes du Québec. Les livres de cuisine du Québec avaient trois ou quatre pages parce qu’il y avait trois ou quatre recettes et c’était très bien. Mais vous arrivez en Europe, vous vous mettez à table et vous avez trois ou quatre verres devant vous, des couteaux, des fourchettes à ne savoir qu’en faire… Un choc qui pendant longtemps a été au cœur de l’imaginaire québecois et qui n’en est jamais tout à fait sorti.

L’Europe produit aussi beaucoup d’idées et selon le pays où vous êtes, les idées sont formulées avec plus ou moins de mots ; l’économie britannique et l’économie française des mots diffèrent sensiblement. Prenez un livre de philosophie produit à Oxford et un livre produit chez Vrin en phénoménologie, vous allez vous retrouver dans deux univers complètement différents. Un français a besoin de 75 pages pour expliquer toutes les nuances de sa pensée, un britannique va le faire avec une formule, quelques symboles, sur deux pages – je ne cache pas ma préférence pour le français. Mais le problème avec l’Europe des idées, c’est qu’on n’a pas besoin d’aller en Europe pour avoir les idées européennes. Bien avant Amazon, les livres traversaient l’Atlantique et depuis fort longtemps. Au Québec, on raconte que la moitié des curés avaient Voltaire sur leur table de chevet – je crois que ce n’était pas le cas en France. Peut-on comprendre, s’approprier, les idées européennes, les théories politiques d’un Claude Lefort ou d’un Raymond Aron, de Pierre Manent, Jacques Rancière ou Étienne Balibar sans avoir arpenter les rues de Paris, de Rome, d’Oxford, sans s’être promené à Lyon… ? Je travaille à envoyer mes étudiants se promener en Europe pour apprendre à lire les philosophes et les penseurs politiques européens en leur disant : ne lisez rien de tout cela pour commencer, promenez-vous dans les rues, écoutez, lisez les journaux, allez là où les gens se rassemblent pour voir comment ils le font. Si vous allez à Munich, vous ne penserez pas de la même manière que si vous allez à Berlin. Ce n’est pas seulement une question de prononciation, c’est beaucoup plus que cela. C’est le cœur de la découverte des idées européennes pour nous.

Ce qui m’intéresse tout spécialement, c’est ce qu’on rapporte de nos séjours en Europe. C’est assez amusant de voir combien certains penseurs américains ou canadiens anglais qui ont fait leur tour en Europe, retrouvent à leur retour des réflexes intellectuels qui n’ont rien à voir avec ce qu’ils ont pu lire ou entendre en Allemagne, en France ou en Italie. On se rappelera de certaines nourritures, senteurs, mais du point de vue intellectuel presque rien. Il y a quelques années, j’ai envoyé en Europe des étudiants qui travaillaient sur la notion de tolérance religieuse, sociale et autre…. Après quelques semaines de séjour, je les ai invités à lire les auteurs européens qui traitent de ces sujets. De retour à Ottawa, j’ai constaté qu’ils continuent de penser dans les catégories étudiées à l’université sans liens avec, par exemple, les idées de Rainer Forst, le grand penseur allemand de la tolérance politique et religieuse. L’intérêt du monde francophone québecois, c’est précisément de reconnaître le potentiel des ressources européennes pour critiquer ce qui se fait du côté anglophone américain ou pour initier d’autres travaux.

L’Europe comme espace de défis politiques, sociaux et économiques.

L’Europe, ce sont aussi des pratiques et des institutions qui pourraient être fécondes pour penser les enjeux québecois et certains enjeux canadiens. L’Europe, comme espace politique, pourrait être un laboratoire intéressant pour le Québec et le Canada.

Les deux premières figures sont assez largement partagées socialement, celle-ci l’est beaucoup moins. C’est une partie beaucoup plus restreinte de la population qui s’intéresse à ces aspects, mais c’est la classe qui a un impact politique et social beaucoup plus grand.

Pour cette classe, l’Europe est encore un lieu de visite, non pas comme ce fut déjà évoqué, mais pour y rencontrer des personnes impliquées dans les institutions politiques européennes ou nationales, à Paris, Londres, Berlin, Rome ou Vienne. Les façons que les européens se donnent pour répondre à leurs défis pourraient peut-être nous être utiles.

Les européens qui viennent chez nous, disent que c’est vide avec de beaux grands espaces…. qui pourraient accueillir des migrants. Mais ces espaces ne sont pas aménagés, il n’y a que des forêts, des lacs, des caribous, quelques villages. Les migrants se retrouvent dans les grandes villes. En banlieue de Toronto la population d’un quartier est passée de vingt mille à plus d’un million d’habitants en l’espace de vingt ans. Dans ce quartier, 80% de la population n’est pas née au Canada. Nous avons les mêmes défis que l’Europe sur ces questions d’immigration.

Le Canada est un État fédéral avec beaucoup d’autonomie pour les provinces où les registres de taxation sont extrêmement inégaux et injustement répartis. La santé et l’éducation étant de régime provincial demandent énormément de fonds et les ressources propres de chaque province sont insuffisantes pour faire face. L’État fédéral perçoit les taxes qui rapportent. Alors entre qui a l’argent et qui a les compétences politiques pour réaliser les choses, il y a des tensions énormes et ce qui se passe dans la construction européenne est pour nous un lieu extrêmement intéressant pour voir comment résoudre ces difficultés.

Autre niveau plus proprement politique, celui de la souveraineté qui se joue merveilleusement en Europe. C’est très intéressant de suivre la mise en question de plus en plus virulente, du point de vue de la rhétorique politique, des États souverains au sens des traités de Westphalie. On est enfin en train de se dire que le XVIIIe siècle politique est mort mais on n’a rien pour le remplacer. Inutile de revenir sur les débats autour du traité de Maastricht et d’autres discussions sur les traités mis en place en Europe, mais cet aspect de la construction européenne est suivi de très près par les canadiens tant au niveau provincial qu’au niveau fédéral. Cela soulève la question du comment vivre ensemble dans des lieux de cultures très différentes avec des économies elles aussi très différentes.

Au Canada, sur l’Île-du-Prince-Édouard, il n’y a pas un million d’habitants. On y cultive la pomme de terre et on vit des touristes japonais venus filmer Anne of Green Gables, et c’est une province. L’Ontario est aussi une province dont la superficie est d’environ quatre fois celle de la France, peuplée de huit millions de personnes qui génèrent près de 35% du revenu général du Canada. Au niveau fédéral, la petite Île-du-Prince-Édouard a le même pouvoir lors des débats que l’Ontario, le Québec ou le Nunavut parce que les provinces ont même rang dans la fédération. Alors, faut-il donner le même poids à la parole du Premier Ministre de l’Île-du-Prince-Édouard qu’à celle du Premier Ministre de l’Ontario ou du Québec ? Ce qui se joue là, c’est une certaine vision de la démocratie, de la place du politique dans la démocratie et rien ne va de soi. Dans les discours des québécois, des ontariens, qui travaillent ces questions, on voit l’Europe comme une région déchirée où on ne s’entend pas et il n’est pas clair aujourd’hui de savoir si on est dans l’ordre du litige ou du différend.

À mes yeux, c’est important d’éclaircir ce point en faisant appel au philosophe Jean-François Lyotard. Un conflit entre deux personnes qui reconnaissent un même corpus de lois et une instance d’arbitrage est un litige. Elles se rendent au tribunal, le juge tranche, sa décision est acceptée par les deux parties et le litige s’éteint.

Un différend, c’est autre chose dit Lyotard avec raison. Les frères dominicains du Canada sont présents au Rwanda depuis 1960 et je me suis rendu à plusieurs reprises dans ce pays. Pour illustrer mon propos, prenons l’exemple de femmes rwandaises violées par des soldats de l’armée de l’actuel Président qui a libéré Kigali le 4 juillet 1994. En 1996-97, ces femmes n’avaient qu’un tribunal militaire devant lequel se présenter. Elles demandaient un type de justice qu’un tribunal militaire ne pouvait rendre. Il n’y avait pas le corpus de lois reconnues, pas d’instance reconnue. Le mal a été fait et aucune loi, aucune institution, ne le reconnaissent comme un mal. On est dans l’ordre du différend.

Revenons en Europe avec des questions de justice économique et de construction politicienne, est-ce qu’on est dans l’ordre du litige ou du différend ? Est-ce que les grandes valeurs de la modernité qui ont servi à amener l’Europe politique, économique, sociale, là où elle est, sont encore un cadre de référence avec des instances qui peuvent juger de telle sorte que les revendications des uns et des autres puissent être entendues et jugées équitablement ? Personnellement, je ne sais toujours pas, je cherche et je ne suis pas le seul. […] J’ai l’impression d’assister à un dialogue de sourds (cf Marc Angenot) et dans un dialogue de sourds, y a-t-il moyen d’avoir justice ? On n’est pas sûr de s’être bien compris sur ce que sont la liberté, la justice, la paix, la politique, la démocratie, etc…. Est-on dans l’ordre de la mésentente au sens décrit par Jacques Rancière dans son livre intitulé  »la mésentente » où on emploie les mêmes mots, on dit les mêmes phrases, mais on dit complètement autre chose. Une personne de la bourgeoisie éduquée, qui parle de démocratie, parle-t-elle de la même chose qu’un pauvre qui parle aussi de démocratie ? Si vous répondez par l’affirmative, allons au Rwanda et je vous ferai rencontrer des gens qui ont voulu fonder un parti multiethnique après le vote de la loi sur le Rwanda, pays démocratique, multiethnique, etc… et se sont tous retrouver en prison pour avoir attenter à la sécurité de l’État. Est-ce qu’on entend la même chose ?

Certes, en Europe on n’en est pas là. Mais du point de vue conceptuel, pour un québecois ou un ontarien, ce sont les mêmes arguments qui sont employés partout. Selon les jours, le président rwandais Kagamé, a le discours de Marine Lepen ou un discours qu’on peut trouver dans  »Libération » avec le même type d’argumentation sur la liberté, la valeur de la personne humaine, la dignité, etc…

Concluons ! L’Europe comme pays qu’on quitte, c’est une vision qu’on trouve de moins en moins même si elle est encore active au Québec. Celle du lieu de productions artistiques, culturelles, intellectuelles, s’améliore au sens où on se rend compte que visiter douze pays en treize jours, ce n’est pas honnête. La troisième figure m’intéresse davantage parce qu’elle pose la question du vivre-ensemble. Que signifie faire communauté ? Les philosophes italiens – Roberto Esposito, … – ont des réflexions intéressantes sur ces sujets aujourd’hui.

Quelles que soient les entrées (l’économie, la politique, les arts, la culture…), qu’on vive au Canada ou en Europe présentement, se pose la question de la pérennité des valeurs, des institutions – venues d’Europe pour nous canadiens – que l’Europe même a de la peine à faire vivre. Donc les valeurs européennes universelles ? Je serais porté à dire non. Valeurs éternelles ? Lorsque j’étais jeune j’y ai cru et depuis les valeurs de la modernité ne me semblent pas éternelles non plus. Elles peuvent disparaître comme le Moyen-Age a disparu. Si on se regarde vivre au lieu de se visiter, si on prend le temps de travailler ce qui se fait dans l’Europe économique, sociale et politique et que les européens travaillent ce qui se fait au Québec, au Canada et aux États-Unis, on arrivera peut-être à repenser d’autres pratiques, à trouver d’autres manières de faire afin que ces supposées valeurs ne soient pas que des idéaux vides ou des métaphores usées mais qu’elles puissent vraiment donner des façons de se retrouver ensemble.

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